L'essentiel à retenir : la mante religieuse est un insecte chasseur de 4 à 9 cm, vert, brun ou beige, reconnaissable à ses pattes avant repliées comme en prière.
Elle n'est pas dangereuse : elle n'a ni venin ni dard. Et elle ne dévore pas systématiquement son mâle, loin de là : c'est le cas dans environ un accouplement sur trois observé dans la nature.
Elle vit une seule saison. Ce qui passe l'hiver, c'est son oothèque, la coque qui protège ses œufs jusqu'au printemps.
| Ce qu'il faut savoir | La mante religieuse |
|---|---|
| Nom scientifique | Mantis religiosa |
| Taille | 43 à 88 mm, la femelle plus grande que le mâle |
| Couleur | Verte, brune ou beige : c'est la même espèce |
| Signe distinctif | Une tache noire, souvent centrée de blanc, à l'intérieur des pattes avant |
| Dangereuse ? | ❌ Non : ni venin ni dard, elle peut seulement pincer |
| Mange-t-elle le mâle ? | Dans environ 31 % des accouplements observés dans la nature |
| Ponte | Une oothèque vers octobre, éclosion en avril-mai |
| Durée de vie | Une seule saison : les adultes meurent à l'automne |
| Ouïe | Une seule oreille, sous le thorax, qui capte les ultrasons des chauves-souris |
| Statut en France | Protégée en Île-de-France uniquement |
La mante religieuse fascine autant qu'elle inquiète. Sa silhouette de prédatrice, sa réputation de « veuve noire » et sa tête qui suit ton regard lui ont valu beaucoup d'idées reçues.
Ce guide fait le tri, sources à l'appui. Tu y trouves comment la reconnaître, ce qu'il y a de vrai dans l'histoire du mâle dévoré, et quoi faire si tu en croises une chez toi.
Reconnaître une mante religieuse
La mante religieuse (Mantis religiosa) mesure de 43 à 88 mm. C'est la plus grande mante de France, et la seule présente sur presque tout le territoire.
Sa couleur varie du vert au brun foncé, en passant par le beige, le jaune ou le gris. Une mante religieuse marron n'est pas une autre espèce : on trouve des individus verts et bruns dans les mêmes lieux.
Le critère le plus simple pour la reconnaître est caché. À l'intérieur des pattes avant, à leur base, se trouve une tache noire, souvent centrée d'un point blanc. Face à un danger, elle écarte les pattes pour montrer ces taches, qui ressemblent à des yeux.
Les pattes avant de la mante religieuse, dites ravisseuses, sont garnies d'épines et se détendent en une fraction de seconde. Dans le sud, ne la confonds pas avec Iris oratoria, une mante plus petite (20 à 50 mm) dont la femelle a des ailes courtes.
Hors d'Europe, d'autres mantes ont des allures bien plus surprenantes. La mante religieuse orchidée d'Asie du Sud-Est, par exemple, imite une fleur pour attirer ses proies.
🌿 L'autre maître du camouflageLe phasme : ressemblance, élevage en terrarium et vrais besoins. Lire la fiche →Mante religieuse mâle et femelle : les différences
Le mâle de la mante religieuse est plus petit de 2 à 3 cm, et si fluet que la différence semble souvent aller du simple au double. Ses antennes sont plus longues et son abdomen plus fin.
Les deux sexes ont des ailes, mais c'est surtout le mâle qui vole. La femelle, alourdie par ses œufs à la fin de l'été, se déplace presque uniquement en marchant.
Pour les distinguer en main, on compte les segments sous l'abdomen : huit chez le mâle, six chez la femelle. Sur le terrain, la silhouette suffit presque toujours.
La mante religieuse dévore-t-elle vraiment le mâle ?
Oui, parfois, mais bien moins souvent qu'on ne le raconte. Dans une étude de terrain de référence sur la mante religieuse (Lawrence, 1992), la femelle a mangé le mâle dans 31 % des accouplements observés dans la nature.
L'image de la femelle qui dévore systématiquement son partenaire vient surtout d'observations en captivité. Des chercheurs ont suggéré que ces taux élevés pouvaient être un artefact de la captivité ou de la faim de la femelle.
L'état de la femelle joue beaucoup. Les mâles sont davantage attirés par les femelles lourdes, bien nourries, qui attaquent moins. Ils s'approchent aussi avec une lenteur extrême, parfois pendant des heures.
Quand le cannibalisme a lieu, il peut commencer par la tête, et le mâle décapité peut poursuivre l'accouplement. C'est ce détail spectaculaire qui a forgé la réputation de l'espèce, bien plus que sa fréquence réelle.
Les surréalistes en ont même fait une figure de la femme fatale. Cette image, avec celles du devin grec et de la « bête qui prie Dieu » provençale, est détaillée dans notre article sur la symbolique de la mante religieuse.
La mante religieuse est-elle dangereuse ?
Non, pas pour l'homme. Elle n'a ni venin ni dard, et elle ne pique pas. Si tu la manipules, elle peut en revanche serrer tes doigts avec ses pattes épineuses : c'est désagréable, parfois une petite éraflure, jamais grave.
Elle n'est pas dangereuse non plus pour un chien, un chat ou un enfant. Elle ne s'attaque qu'à ce qu'elle peut manger, surtout des insectes : criquets, sauterelles, papillons, mouches, parfois des abeilles.
Face à un agresseur, elle se dresse, écarte ses ailes en éventail et montre les taches de ses pattes. C'est une posture d'intimidation, pas une attaque : laisse-lui de l'espace et elle se calme.
Une seule oreille, et une tête qui pivote
C'est l'un des faits les plus étonnants sur la mante religieuse : elle n'a qu'une seule oreille. Elle se trouve sous le thorax, entre les pattes du milieu et les pattes arrière.
Cette oreille ne sert pas à entendre ses congénères. Elle capte les ultrasons des chauves-souris, ses prédateurs nocturnes. En vol, quand elle les détecte, la mante plonge brusquement vers le sol.
La manœuvre est efficace. Dans les expériences des chercheurs Yager et Hoy, 76 % des mantes capables d'entendre survivaient à une attaque de chauve-souris, contre 34 % sans cette ouïe. La chauve-souris, elle, a sa propre fiche dans notre article que mange une chauve-souris.
Autre particularité, sa tête triangulaire pivote sur près de 180°. Elle peut suivre une proie, ou ton doigt, sans bouger le reste du corps : c'est ce qui donne l'impression qu'elle te regarde.
Le cycle de vie de la mante religieuse et l'oothèque
La mante religieuse vit une seule saison. Les adultes meurent avec les premiers froids de l'automne. Ce qui assure la génération suivante, c'est l'oothèque.
| Période | Ce qui se passe |
|---|---|
| Avril-mai | Éclosion : les jeunes sortent de l'oothèque et se dispersent |
| Mai-juillet | Croissance par mues successives, sans stade de chrysalide |
| Juillet-août | Dernière mue : la mante devient adulte et ailée |
| Fin d'été | Accouplements |
| Octobre | Ponte : la femelle fabrique l'oothèque |
| Automne-hiver | Les adultes meurent avec le froid ; l'oothèque passe l'hiver |
L'oothèque de la mante religieuse est une masse mousseuse que la femelle fixe sur une tige, une pierre, un tronc ou un mur. Elle durcit à l'air et prend une teinte beige à brune. Elle contient plusieurs centaines d'œufs, protégés du froid tout l'hiver.
Au printemps, des dizaines de minuscules mantes en sortent en quelques heures. Les jeunes ressemblent déjà aux adultes, en miniature et sans ailes : la mante grandit par mues, sans passer par un stade de chenille.
Tu as trouvé une mante religieuse : que faire ?
Chez toi, au jardin ou sous forme d'oothèque, la bonne réaction n'est pas la même. Choisis ta situation.
Elle n'a ni venin ni dard. Au pire, elle pince un doigt qui la saisit.
Fais-la grimper sur une feuille de papier ou pose un verre dessus avec un carton, puis dépose-la sur une plante, dehors.
Elle a besoin de proies vivantes et ne vit qu'une saison. En Île-de-France, la capturer est interdit.
Si tu as envie d'élever un insecte, le phasme est beaucoup mieux adapté à la vie en terrarium.
Dépose-la dans une haie ou une zone de hautes herbes, pas sur une pelouse rase.
En fin d'automne, sa mort est naturelle : les adultes ne passent pas l'hiver, quelle que soit l'aide apportée.
Elle ne présente aucun risque pour les enfants, le chien ou le chat.
Elle mange des insectes, dont beaucoup que tu ne regretteras pas. Laisse-la chasser.
Le jardin lui offre ce qu'aucun bocal ne peut offrir : des proies vivantes et variées.
Observe-la plutôt que de l'enfermer. Ses chasses à l'affût sont un vrai spectacle.
Laisse une bande d'herbes non fauchées jusqu'à l'automne, et évite les pesticides.
Les fauches trop fréquentes l'empêchent de terminer son cycle. Un coin sauvage suffit.
Cette masse beige et durcie contient des œufs, rien de piquant ni de toxique.
Laisse-la en place : elle éclora au printemps.
À l'intérieur, les jeunes risquent d'éclore en plein hiver, sans aucune proie à manger.
Laisse-la dehors, au froid : c'est ce qui synchronise l'éclosion avec le printemps.
Si elle est sur un volet ou une bûche qui va être déplacée, place le support dehors, à l'abri, dans le même sens.
En Île-de-France, n'y touche pas : l'enlèvement des œufs de l'espèce y est interdit.
La mante religieuse est-elle protégée en France ?
Pas au niveau national. Elle ne figure pas sur la liste des insectes protégés sur tout le territoire. En revanche, elle est protégée en Île-de-France par un arrêté du 22 juillet 1993.
Dans cette région, sont interdits en tout temps la destruction ou l'enlèvement de ses œufs et de ses larves, sa capture, son transport, sa vente et son achat. Le statut vaut qu'elle soit vivante ou morte.
Elle n'y est pourtant pas menacée : on l'observe jusqu'en ville, sur les friches et les talus ensoleillés. Espèce méditerranéenne, elle remonte vers le nord et se rencontre aujourd'hui jusqu'en Normandie.
Partout, le meilleur moyen de l'aider reste le même : des herbes hautes, des fauches tardives et pas de pesticides. Un hôtel à insectes complète utilement ces zones sauvages pour les autres insectes du jardin.
Les questions qu'on se pose le plus
La mante religieuse est-elle dangereuse pour l'homme ?
Non. Elle n'a ni venin ni dard et ne pique pas. Elle peut seulement serrer un doigt avec ses pattes épineuses, sans gravité.
La mante religieuse mange-t-elle toujours le mâle ?
Non. Dans la nature, la femelle a mangé le mâle dans environ 31 % des accouplements observés. Les taux plus élevés viennent surtout de la captivité.
Quelle est la différence entre une mante religieuse verte et marron ?
Aucune : c'est la même espèce. La couleur varie d'un individu à l'autre, du vert au brun en passant par le beige.
Comment reconnaître une mante religieuse mâle ?
Il est plus petit de 2 à 3 cm, beaucoup plus fin, avec des antennes plus longues. C'est surtout lui qui vole.
Qu'est-ce qu'une oothèque de mante religieuse ?
C'est la coque mousseuse et durcie dans laquelle la femelle pond plusieurs centaines d'œufs vers octobre. Elle passe l'hiver dehors et éclôt en avril-mai.
Quelle est la durée de vie d'une mante religieuse ?
Une seule saison : elle naît au printemps, devient adulte en été et meurt avec les premiers froids de l'automne.
La mante religieuse est-elle protégée ?
Elle n'est pas protégée au niveau national, mais elle l'est en Île-de-France depuis un arrêté du 22 juillet 1993.
Que faire d'une mante religieuse dans la maison ?
Fais-la grimper sur une feuille de papier ou recouvre-la d'un verre, puis dépose-la dehors sur une plante. Elle est sans danger.
La mante religieuse vole-t-elle ?
Oui, surtout le mâle. La femelle, alourdie par ses œufs en fin d'été, se déplace presque uniquement en marchant.
Combien d'oreilles a une mante religieuse ?
Une seule, placée sous le thorax. Elle capte les ultrasons des chauves-souris et déclenche une plongée d'évitement en vol.
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- Légifrance — arrêté du 22 juillet 1993, insectes protégés en Île-de-France
- Lawrence (1992) — le cannibalisme sexuel chez la mante religieuse, étude de terrain
- Université Paris Cité, Bionum — le système auditif de la mante
- Galerie insecte — fiche Mantis religiosa
- Agence régionale de la biodiversité Île-de-France — atlas de l'espèce


