🔄 Mis à jour : septembre 2026
L'essentiel en 60 secondes

Le setter n'est pas une race, c'est un groupe de trois races distinctes : le setter anglais, le setter irlandais et le setter Gordon.

Elles partagent une fonction — marquer l'arrêt devant le gibier — un poil long et un besoin de courir hors du commun.

Le point que les fiches de race passent sous silence : le setter est l'une des races les plus présentes dans les refuges français. La raison est mécanique.

Il est acheté pour chasser, puis rendu quand il ne chasse pas assez bien. Ou quand son maître arrête, ou quand la famille découvre qu'un chien sélectionné pour couvrir des kilomètres ne se contente pas d'un tour de pâté de maisons.

Ce que ça change pour toi : si tu veux un setter sans chasser, tu peux — mais il te faudra remplacer la chasse par autre chose, tous les jours.

Et avant d'acheter un chiot, regarde du côté des associations de race : il y a des setters adultes déjà sociables qui attendent, et souvent pour une fraction du prix.

Setter anglaisSetter irlandaisSetter Gordon
Taille au garrot61 à 68 cm55 à 67 cm62 à 66 cm
Poids25 à 30 kg27 à 32 kg25 à 36 kg
RobeMouchetée : belton, lemon, liver, tricoloreUnicolore acajouNoir et feu
Espérance de vie11 à 13 ans11 à 13 ans10 à 12 ans
Prix d'un chiot LOF700 à 1 200 €900 à 1 400 €900 à 1 400 €
Tempérament dominantLe plus doux des trois🎈 Le plus exubérant, longtemps jeuneLe plus posé et le plus attaché à un seul maître
Exercice quotidien2 h minimum, dont du galop libre2 h minimum, dont du galop libre1 h 30 à 2 h
Le plus répandu en France⭐ Oui, de loinMoins courantRare
Catégorie en France⚖️ Aucune — aucun setter n'est un chien catégorisé

Le setter n'est pas une race, mais trois

C'est la première chose à mettre au clair, parce qu'elle conditionne tout le reste. Quand quelqu'un dit « un setter » sans préciser, il parle presque toujours du setter anglais, qui est de loin le plus répandu en France.

Mais le mot désigne trois races officiellement distinctes, avec chacune son standard.

Le nom vient de l'anglais to set, se poser.

Ces chiens ont été sélectionnés en Grande-Bretagne et en Irlande pour une manière précise de travailler. repérer le gibier à distance, puis s'immobiliser en position basse pour le signaler au chasseur sans le faire fuir. C'est l'arrêt.

Et c'est un comportement inné chez eux, pas un tour appris.

Les trois races viennent du même fonds de chiens d'arrêt britanniques, séparées au XIXe siècle par des éleveurs qui ont fixé chacun un type.

Elles ne se différencient pas par le travail, qui est le même.

Mais par la robe, le format et le tempérament. Le setter Gordon est d'ailleurs parfois appelé setter écossais, ce qui est exact : il vient d'Écosse, du chenil du duc de Gordon.

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Anglais, irlandais ou Gordon : lequel pour toi

Un trait de race est une tendance, jamais une loi, et l'éducation pèse au moins autant que la génétique. Cela dit, les trois setters ont des réputations assez constantes d'un éleveur à l'autre.

Le setter anglais

C'est le plus doux des trois et le plus facile à vivre en famille. Il est décrit comme sociable, peu territorial, attaché à tout le foyer plutôt qu'à une seule personne.

C'est aussi celui dont on trouve le plus de sujets en France, donc le plus facile à sourcer chez un éleveur sérieux —. Malheureusement le plus représenté dans les refuges, pour la même raison de nombre.

Le setter irlandais

Le plus spectaculaire, avec sa robe acajou uniforme, et le plus exubérant des trois. Sa réputation tient en une phrase : il reste jeune très longtemps. Beaucoup de propriétaires décrivent un chien encore franchement adolescent à trois ans.

Ce n'est pas un défaut, c'est une donnée à intégrer avant de signer, surtout si tu cherches un chien posé rapidement.

Le setter Gordon

Le plus lourd, le plus posé, et le plus enclin à s'attacher à une seule personne. Sa robe noir et feu le rend reconnaissable immédiatement.

Il est rare en France, ce qui a deux conséquences : les délais d'attente chez les éleveurs sont longs. Et le patrimoine génétique disponible est étroit, donc le dépistage des parents compte encore plus.

Le point commun qui décide vraiment

Les différences de tempérament entre les trois sont réelles mais secondaires.

Ce qui les réunit, et qui devrait guider ton choix, c'est le besoin de courir. Un setter n'a pas été sélectionné pour marcher.

Il a été sélectionné pour couvrir du terrain au galop pendant des heures, loin de son maître.

Aucun des trois ne se satisfait de trois promenades en laisse par jour, et c'est vrai du plus doux comme du plus posé.

Pourquoi tant de setters finissent en refuge

C'est l'information la plus importante de cet article, et celle qu'on ne trouve nulle part sur les fiches de race.

Les setters sont surreprésentés dans les refuges et dans les associations de sauvetage françaises, au point que plusieurs structures se consacrent exclusivement à eux. Ce n'est pas un hasard de statistique, c'est la conséquence d'un enchaînement très répétitif.

Un setter est d'abord acheté comme un outil de chasse. Il est évalué sur ses résultats au terrain.

S'il quête mal, s'il ne tient pas l'arrêt, s'il a peur du coup de feu, il ne remplit pas la fonction pour laquelle il a été acquis,.

Il est rendu, donné ou placé — un mécanisme voisin de celui que nous décrivons sur ce que deviennent les chiots non vendus en élevage.

À cela s'ajoute la fin de carrière du chasseur : quand le maître arrête, le chien de sept ou huit ans se retrouve sans emploi.

Le second circuit est différent et tout aussi fréquent.

Une famille tombe amoureuse de l'allure du setter irlandais ou de la robe mouchetée de l'anglais. Achète un chiot sans mesurer le besoin d'exercice, et découvre à un an un chien qui détruit.

Qui fugue. Qui ne se pose jamais. Ce chien n'est pas mal élevé.

Il s'ennuie au sens physiologique du terme.

🚨 Ce que ça veut dire concrètement pour toi

Si tu cherches un setter, commence par les associations de race et les refuges avant les élevages. Tu y trouveras des adultes de deux à huit ans, souvent déjà sociables, déjà propres, dont le tempérament est connu.

Et le contraire d'une loterie de chiot.

Un setter adulte réformé de chasse coûte une fraction du prix d'un chiot, et bien moins que le budget annuel qu'il représentera ensuite.

Et le bénévole qui te le présente te dira franchement ce dont il a besoin, parce que son intérêt est que le placement tienne.

Si tu prends malgré tout un chiot, prends-le en sachant ce que tu signes : deux heures d'exercice par jour pendant douze ans, dont du galop libre. Pas de la marche.

Le mécanisme n'est pas propre au setter : c'est le sort classique des races de chasse devenues races de compagnie, et on le retrouve sur le cocker.

Si le sujet du sauvetage t'intéresse au-delà de cette race, notre article sur comment ouvrir un refuge décrit la réalité du terrain.

Belton, lemon, liver, tricolore : le vocabulaire des robes

C'est le sujet sur lequel les futurs acheteurs se perdent le plus, et pour une raison simple : le vocabulaire des robes du setter anglais est resté en anglais. Et personne ne le traduit. Voici la table de correspondance.

Le termeCe qu'il désigne vraimentÀ quoi ça ressemble
BeltonPas une couleur : un motif. Le mouchetage, du nom d'un village anglaisFond blanc criblé de petites taches colorées, sans grandes plaques
Blue beltonMouchetage noir sur fond blancL'effet d'ensemble est gris bleuté, d'où le « blue »
Orange beltonMouchetage orange sur fond blancLe plus courant en France
Lemon beltonMouchetage jaune très pâle, souvent dit simplement lemonChien presque blanc, aux nuances citron
Liver beltonMouchetage marron foie, souvent dit simplement liverMarron chocolat sur blanc, avec une truffe brune et non noire
TricoloreUn belton bleu ou liver, plus des marques feu aux joues et aux membresTrois couleurs visibles, jamais deux
Setter anglais adulte debout, robe blue belton mouchetée de noir
Un blue belton : du mouchetage noir sur fond blanc, et non une robe grise — belton désigne le motif, pas la couleur.

Deux choses à en retenir avant d'acheter.

D'abord, ces robes sont toutes au standard et aucune ne vaut plus qu'une autre. Si un vendeur majore un chiot lemon ou tricolore au motif qu'il serait rare, il vend une couleur, pas un chien.

Le mouchetage n'apporte ni meilleure santé, ni meilleur nez, ni meilleur caractère.

Ensuite, une particularité qui surprend beaucoup d'acheteurs : les chiots setter anglais naissent presque blancs, et le mouchetage apparaît en grandissant. Il continue de se densifier pendant les premiers mois.

Un chiot très blanc à huit semaines peut devenir un adulte fortement moucheté, et tu ne peux pas le prévoir précisément.

Choisir un chiot sur sa robe, chez cette race, c'est choisir sur une information qui n'existe pas encore.

Les autres setters sont plus simples : le setter irlandais est unicolore acajou, sans mouchetage — quelques petites marques blanches sont tolérées. Le Gordon est noir et feu, avec des marques feu d'emplacement précis.

Un « setter irlandais rouge et blanc » existe, mais c'est une race à part entière et non une variété.

Le setter français et le setter à poil court n'existent pas

Deux recherches reviennent souvent, et aucune des deux ne correspond à quoi que ce soit.

Il n'y a pas de setter français. Les trois setters sont britanniques et irlandais.

Ce que désigne probablement cette expression, c'est un chien d'arrêt français à poil long — et ça existe, sous d'autres noms : l'épagneul breton, l'épagneul français, le braque français.

Ce sont d'excellents chiens d'arrêt, souvent plus compacts et parfois plus faciles à gérer au quotidien qu'un setter.

Il n'y a pas non plus de setter à poil court. Les trois races sont à poil long avec des franges aux membres, à la queue et au poitrail, et c'est un caractère du standard.

Un chien d'arrêt à poil court existe aussi, mais il s'appelle braque : braque allemand, braque hongrois. Si le poil long te freine, ce n'est pas un setter qu'il te faut.

La règle se vérifie en trente secondes.

Si le nom n'apparaît pas dans la nomenclature de la Société Centrale Canine, la race ou la variété n'existe pas. Un adjectif de nationalité ou de longueur de poil accolé à un nom de race est presque toujours un argument de vente ou une confusion, pas une catégorie.

L'arrêt, la bécasse, et ce que ça change chez toi

Comprendre pour quoi ce chien a été fabriqué, c'est comprendre ce qu'il fera dans ton salon.

Le setter est un chien de quête à grande distance. Sur le terrain, il travaille au galop, à cent ou deux cents mètres du chasseur, le nez haut pour capter les odeurs portées par le vent.

Quand il détecte le gibier, il se bloque. Son gibier de prédilection en France est la bécasse, un oiseau de sous-bois qui ne se laisse approcher que par un chien capable de figer net.

Trois conséquences directes pour un propriétaire qui ne chasse pas.

  • Le rappel est le chantier de toute une vie. Un chien sélectionné pour s'éloigner et travailler seul ne revient pas spontanément. Ça se travaille dès le premier jour en espace clos, par l'éducation positive, avant d'espérer la moindre liberté — et un collier GPS est une sécurité raisonnable sur cette race.
  • L'arrêt se déclenche sur tout ce qui bouge dans un buisson. Merles, chats, poules. Ce n'est ni de la désobéissance ni de la prédation à corriger : c'est un réflexe câblé.
  • La marche en laisse ne le fatigue pas. Un setter peut rentrer d'une heure de promenade en laisse et détruire un canapé le soir même. Ce n'est pas le temps qui compte, c'est le galop.

Sur le besoin d'exercice, le setter se situe au même niveau qu'un border collie, avec une différence importante : le border cherche à travailler avec toi.

Le setter cherche à travailler loin de toi. Le premier se canalise par l'obéissance et les jeux de réflexion, le second a surtout besoin d'espace.

Santé et espérance de vie

Bonne nouvelle relative : les setters sont des races plutôt robustes, sans l'hypertype qui plombe les molosses ou les races brachycéphales.

L'espérance de vie tourne autour de 11 à 13 ans pour l'anglais et l'irlandais, un peu moins pour le Gordon, plus lourd.

Quatre points de vigilance méritent d'être connus avant l'achat.

Le sujetCe qu'il faut savoir
Dysplasie de la hanche et du coudePrésente dans les trois races. Demande les résultats de dépistage des deux parents, par écrit
OreillesPavillon long, tombant et frangé, chien qui court dans les broussailles : les otites et les épillets sont fréquents. Contrôle après chaque sortie en herbes hautes, et vois le nettoyage des oreilles
Atrophie rétinienne progressiveSurtout suivie chez le setter irlandais. Un test génétique existe : demande s'il a été fait sur les parents
Torsion de l'estomacRisque des chiens à thorax profond. Repas fractionnés, et aucun effort dans l'heure qui suit un repas

Le passage régulier en broussailles impose aussi un contrôle des tiques après chaque sortie.

Côté entretien. Le poil long demande un brossage deux à trois fois par semaine, davantage en période de mue, avec une attention particulière aux franges derrière les oreilles. Aux culottes, où les nœuds se forment.

Le setter ne se tond pas.

Prix, pedigree et échelle des valeurs

Un chiot setter inscrit au LOF se situe entre 700 et 1 400 € selon la race et l'élevage.

C'est nettement moins cher que la plupart des races à la mode,. ce prix bas est en partie la cause du problème décrit plus haut : un chien peu coûteux à l'achat se rend plus facilement.

Un mot sur un terme que tu croiseras si tu regardes des pedigrees de setters et qui n'existe pas chez les autres races.

L'échelle des valeurs est un système de notation des résultats en field trial, les concours de travail au terrain.

Les ancêtres qui y figurent ont été jugés sur leur quête, leur nez et leur arrêt.

Ce qu'il faut en faire est contre-intuitif.

Si tu ne chasses pas. Un pedigree chargé en résultats de field trial n'est pas un bon signe pour toi. Il annonce un chien sélectionné sur l'intensité de travail, donc encore plus exigeant en dépense physique.

Les lignées dites de beauté ou de compagnie sont plus adaptées à une vie de famille.

Dis clairement à l'éleveur que tu ne chasses pas : un éleveur sérieux orientera le choix du chiot, ou te dira franchement que sa portée n'est pas pour toi.

Ce que tu dois obtenirPourquoi c'est décisif
Pedigree LOF ou attestation de demandeLa seule traçabilité de lignée, et ce qui te permet de lire les origines — voir la différence entre LOF et LOOF
Certificat vétérinaire de moins de 8 joursObligatoire à la vente
Dépistage hanches et coudes des parentsLes dysplasies concernent les trois races
Test oculaire des parents, pour l'irlandaisL'atrophie rétinienne progressive est héréditaire et dépistable
Savoir si la portée est de travail ou de compagnieCela change radicalement le chien que tu ramènes
Numéro d'identification et certificat d'engagementObligatoires. Leur absence rend la transaction irrégulière

Pour la démarche complète, notre article sur comment reconnaître un élevage sérieux détaille les questions à poser, et le calendrier de confirmation LOF t'indique quand ton chien pourra être confirmé.

🔍 Quel setter, et où le chercher ?
1. Ton usage ?
2. Tu envisages ?
Lis l'échelle des valeurs des ascendants

C'est le seul cas où un pedigree chargé en field trial travaille pour toi.

Regarde la quête. Le nez et l'arrêt des ascendants, et dis à l'éleveur sur quel gibier. Sur quel terrain tu chasses : un chien de plaine et un bécassier de sous-bois ne se choisissent pas pareil.

Le setter anglais reste le plus facile à sourcer en France, avec des lignées bécassières bien identifiées.

C'est souvent le meilleur achat possible

Un setter débourré t'épargne deux saisons d'apprentissage.

Tu vois ce que le chien fait réellement au terrain, au lieu de le parier.

Demande à le voir travailler avant d'acheter, et fais vérifier ses hanches. ⚠️ Un chien vendu « débourré » sans démonstration ne vaut pas son supplément de prix.

Le circuit le plus sous-estimé

Les associations de race recueillent régulièrement des setters réformés de chasse.

Ce sont des chiens qui connaissent le terrain, souvent parfaitement sociables avec les congénères, rendus parce que leur maître a arrêté ou parce qu'ils quêtaient mal pour son exigence.

Demande pourquoi le chien a été rendu : la réponse te dit s'il correspond à ta pratique.

Excellent accord, avec une réserve de croissance

Le setter est un compagnon de course et de randonnée remarquable.

Mais aucun effort soutenu avant la fin de la croissance : ni vélo, ni course longue avant douze à quinze mois.

Et vise une lignée de compagnie plutôt que de field trial, sauf si tu es prêt à une intensité de travail très élevée.

Travaille le rappel avant la vitesse : un setter lancé ne t'entend plus.

Très bon accord

Un setter adulte suit sans difficulté des sorties de plusieurs heures.

C'est le profil pour lequel il a été construit. Contrôle les hanches avant de t'engager sur un chien qui va courir.

Et inspecte les oreilles après chaque sortie en herbes hautes — les épillets sont le vrai risque de cette pratique.

Le meilleur croisement possible

Tu offres exactement ce qui manquait à ces chiens.

La plupart des setters en refuge y sont parce que personne ne leur donnait assez de galop. 🔑 Précise ton rythme au bénévole : il pourra t'orienter vers un chien dont l'énergie correspond, plutôt qu'au premier setter disponible.

Et demande un bilan articulaire si le chien a plus de six ans.

Possible, mais regarde le coût réel

Le coût n'est pas financier, il est horaire.

Deux heures par jour, tous les jours, pendant douze ans, dont du galop libre — pas de la marche en laisse. Si ça ne tient pas dans ta semaine, c'est la configuration qui remplit les refuges.

Le setter anglais est le plus doux des trois, et une lignée de compagnie plutôt que de travail est indispensable ici.

Plus sûr qu'un chiot

Sur cette race, l'adulte est souvent le bon choix familial.

Son tempérament est connu et son niveau d'énergie mesurable, au lieu d'être un pari.

Demande à l'éleveur pourquoi ce chien est disponible, et passe du temps avec lui avant de décider. ⚠️ Un setter irlandais reste jeune longtemps : à trois ans, attends-toi encore à un adolescent.

Commence par là

C'est la recommandation que cet article défend le plus franchement.

Tu trouveras des setters adultes déjà propres, sociables, au caractère connu, pour une fraction du prix d'un chiot.

Le bénévole a intérêt à ce que le placement tienne : il te dira franchement si ce chien supporte les enfants, les chats, la solitude.

Un éleveur pressé de vendre une portée n'a pas cette contrainte.

Vivre avec un setter sans chasser

C'est possible, et beaucoup de setters vivent très bien sans jamais voir un fusil. Mais ça se prépare, parce qu'il faut remplacer la fonction par autre chose.

Le galop libre est non négociable. Un terrain clos, un champ autorisé, une plage hors saison : il lui faut un endroit où courir vite et longtemps, plusieurs fois par semaine.

À défaut, un long line de dix à quinze mètres permet une liberté relative pendant que le rappel se construit.

Le nez fatigue autant que les pattes. C'est le meilleur levier pour un propriétaire urbain : pistage, recherche d'objets, jeux de flair dans l'herbe.

Une demi-heure de travail olfactif épuise un setter davantage qu'une heure de marche, parce qu'elle mobilise ce pour quoi il a été sélectionné.

Les disciplines canines lui vont bien, à condition de choisir les bonnes.

Le cani-cross, la randonnée et l'obé-rythmée fonctionnent, et le hoopers a l'avantage de ne demander aucun saut. L'agility est à aborder avec prudence avant la fin de la croissance, à cause des sauts.

Et il ne supporte pas bien la solitude prolongée. Un setter laissé huit heures seul tous les jours dans un appartement, sans dépense préalable, développe presque mécaniquement de la destruction ou de l'aboiement. Ce n'est pas un chien de bureau.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de races de setter ?

Trois races officiellement distinctes : le setter anglais, le setter irlandais et le setter Gordon, aussi appelé setter écossais.

Quand on dit « un setter » sans préciser, il s'agit presque toujours du setter anglais, de loin le plus répandu en France.

Quel est le prix d'un setter ?

Entre 700 et 1 200 € pour un chiot setter anglais inscrit au LOF, et 900 à 1 400 € pour un irlandais ou un Gordon.

C'est peu cher pour une race de ce format. Un adulte réformé de chasse ou adopté en association coûte une fraction de ces montants.

Que veut dire « belton » chez le setter anglais ?

Belton n'est pas une couleur mais un motif : le mouchetage, du nom d'un village anglais. Blue belton signifie mouchetage noir sur blanc, orange belton mouchetage orange, lemon un mouchetage jaune très pâle, liver un mouchetage marron foie.

Toutes ces robes sont au standard et aucune ne vaut plus qu'une autre.

Existe-t-il un setter français ?

Non. Les trois setters sont britanniques et irlandais. Si tu cherches un chien d'arrêt français à poil long, il s'agit de l'épagneul breton, de l'épagneul français ou du braque français — d'excellents chiens d'arrêt, souvent plus compacts.

Existe-t-il un setter à poil court ?

Non. Les trois races sont à poil long avec des franges aux membres, à la queue et au poitrail, et c'est un caractère du standard. Un chien d'arrêt à poil court s'appelle un braque.

De combien d'exercice un setter a-t-il besoin ?

Deux heures par jour au minimum, dont du galop libre et non de la marche en laisse.

C'est le point sur lequel la plupart des adoptions échouent : un setter peut rentrer d'une heure de promenade en laisse et détruire un canapé le soir même.

Pourquoi trouve-t-on autant de setters en refuge ?

Parce qu'ils sont d'abord achetés comme chiens de chasse et rendus quand ils ne remplissent pas cette fonction, ou quand leur maître arrête.

Et parce que des familles séduites par leur allure découvrent un besoin d'exercice qu'elles n'avaient pas anticipé. Plusieurs associations françaises se consacrent exclusivement à leur sauvetage.

Le setter est-il un bon chien de famille ?

Oui sur le caractère : il est sociable, doux et peu territorial, en particulier le setter anglais.

Non sur le mode de vie, si personne ne peut lui offrir deux heures d'activité quotidienne. Le tempérament n'est pas le problème, l'énergie l'est.

Quelle est l'espérance de vie d'un setter ?

Environ 11 à 13 ans pour le setter anglais et l'irlandais, 10 à 12 ans pour le Gordon, plus lourd. Ce sont des races plutôt robustes, sans hypertype marqué.

Qu'est-ce que l'échelle des valeurs sur un pedigree de setter ?

Un système de notation des résultats obtenus en field trial, les concours de travail au terrain.

Attention au contresens : si tu ne chasses pas, un pedigree chargé en field trial annonce un chien encore plus exigeant en dépense physique, pas un meilleur chien de compagnie.

Le setter est-il un chien catégorisé ?

Non, aucun des trois setters n'appartient à la catégorie 1 ou 2 : ni permis de détention, ni muselière obligatoire, ni évaluation comportementale imposée.

Peut-on avoir un setter en appartement ?

C'est possible mais difficile, et seulement si la dépense quotidienne est réellement assurée à l'extérieur. Il supporte mal la solitude prolongée : huit heures seul chaque jour sans dépense préalable conduisent presque mécaniquement à de la destruction ou de l'aboiement.

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Nous ne vendons ni chiots ni matériel, et nous ne sommes ni vétérinaires ni éleveurs : cet article est un travail de documentation, pas un avis médical.

Pour tout symptôme, la consultation vétérinaire reste la seule réponse.

Sources
  • Fédération Cynologique Internationale — standards n° 2 (setter anglais), n° 120 (setter irlandais rouge) et n° 6 (setter Gordon)
  • Société Centrale Canine — nomenclature des races reconnues, inscription au LOF et field trials
  • Code rural et de la pêche maritime, art. L. 211-12 et arrêté du 27 avril 1999 — liste des types de chiens des catégories 1 et 2
  • Arrêté du 3 avril 2019 relatif au certificat vétérinaire lors de la cession d'un chien